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Jean Gabin

« Je ne m’ennuie jamais. Quand j’ai rien à faire, je « gamberge » à des trucs. »

25 Mai 2006 , Rédigé par Philippe Publié dans #Information

« Je ne m’ennuie jamais. Quand j’ai rien à faire, je « gamberge » à des trucs. »

L’enfance, père et mère

  • « Je n’ai pas été ce qu’on appelle un enfant sage et discipliné. Et le pire, c’est qu’en outre je n’étais doué en rien. Mais alors, vraiment en rien! D'une incroyable médiocrité en toutes choses! »

  • "J'étais le sale petit canard, le petit affreux de la couvée. Pour ma mère du moins.
    Pauvre mère! Sa sentence la plus commune et, si j'ose dire, la plus définitive à mon égard était : - Jean, vous finirez sur l'échafaud ! Il fallait tout de même que je lui en fasse voir pour qu'elle me condamne à une si triste fin. J'en ai souvent eu honte par la suite, mais quand on est gosse... J'ai gardé d'elle l'image d'une femme dont je dirais aujourd'hui qu'elle était excessivement nerveuse et irritable mais qui pour moi, à l'époque, était surtout celle d'une mère qui gueulait tout le temps après moi."
    (Sa mère, chanteuse, a renoncé à travailler pour s'occuper de ses sept enfants.)

  • "Quant à mon père, le plus lointain souvenir d'enfance que j'ai conservé de lui est celui d'un homme qui "passait" chaque jour à la maison comme une sorte de mystérieux voyageur, et à des heures où le plus souvent je dormais. Il rentrait en effet tard, par le dernier train du soir, de ses représentations à la Cigale, dormait toute la matinée et repartait en début d'après-midi alors que je faisais ma sieste. Avec les années, ce fut à peu près la même chose, à la différence que lorsqu'il repartait j'étais à l'école ou en train de courir la campagne."
    ( Joseph Gabin fut chanteur d'opérette et de Caf'conc'.)

    Music-hall

    • « Mes vagabondages dans les rues, mes séjours dans les bistros de la Butte et de la Chapelle m'avaient quand même un peu ouvert les yeux sur certains trucs. J'avais compris qu'il y avait des circonstances où il fallait refréner son tempérament et mettre la pédale douce. C'est ce que je me suis dit en acceptant, sans trop gueuler, d'entrer aux Folies. Je n'avais évidemment pas changé d'opinion sur le métier de théâtreux et au premier coup de pétard j'étais décidé à filer voir ailleurs. Entre-temps, j'aurais au moins montré à mon père que je n'y mettais pas de mauvaise volonté."
      (Débuts aux Folies Bergères en 1922 en tant que figurant.)
  • "Je chantais des chansons de Chevalier ou de Dranem. Je les imitais, surtout Chevalier. Les salles étaient le plus souvent minables, la scène balayée de courants d'air à vous faire attraper la crève, le rideau poussiéreux vous donnait envie d'éternuer dès qu'on le bougeait un peu, les fauteuils grinçaient sous les fesses des spectateurs. Mais on était quand même contents qu'ils grincent, ces fauteuils, parce que çà voulait dire qu'il y avait du monde assis dessus et que l'on était précisément venus pour ça, pour se faire entendre, se faire applaudir, et ensuite passer à la caisse toucher son cacheton qui n'était pas bien gros: 50 francs par soirée et là-dessus je payais le chemin de fer, le fond de teint, la bouffe, l'hôtel et la blanchisseuse pour avoir chaque jour un col propre. Encore de la veine quand on touchait! Des fois, le type qui avait organisé la tournée s'était barré avec la recette. C'était Vacherie et Cie, tout ça!"
    (1925, Gabin débute une carrière de chansonnier, au Kursaal de Clichy, puis dans des salles de Province.)

Cinéma

  • « Moi, j’avais prévenu tout le monde. D’accord, votre cinéma, je vais vous le faire, mais j’y connais rien et je suis aussi fait pour ça que pour devenir évêque !…Ca sera pour vos pieds, si ça marche pas ! »

  • « Nous, on savait pas qu’on faisait des films dont on allait encore parler des décennies plus tard. On essayait seulement de bien faire notre boulot, chacun à son poste, et des films que le public attendait. »

  • « J’ai assez vite compris qu’avec la gueule que j’avais, il valait mieux que j’en fasse le moins possible devant la caméra qui grossissait tout démesurément comme une loupe. J’évitais donc d’exprimer les sentiments des personnages que je jouais par des expressions trop appuyées, car je savais qu’avec ma tronche « bosselée », même bien éclairée, ça pèserait son poids sur l’écran.»
  • « J’avoue que ça me faisait marrer parce que j’ai jamais bien compris ce que ça voulait dire , « jouer de l’intérieur ». Je jouais avec mes tripes, oui ! J’en bavais et je suais sang et eau pour essayer de donner à mes personnages une vérité et un naturel que j’espérais être justes.»

  • « C’est Duvivier qui m’a appris ce que j’ignorais encore de la technique du cinéma. Il m’a expliqué les objectifs et selon le choix qu’on en faisait pour un plan ce qu’on pouvait en attendre. J’ai bien retenu la leçon et ensuite j’ai su adapter mon jeu ou une certaine façon de me déplacer devant la caméra, en fonction de l’objectif choisi. »
  • Guerre et politique

    • « Je pensais : les Allemands vont finir par prendre la pâtée, la France sera libérée. Alors, je ne me voyais pas débarquer sans avoir personnellement rien fait pour ça. Je ne me voyais surtout pas retrouver des copains à Paris qui, eux, y seraient allés à la riflette et me contenter de leur dire : « Me r’voilà, les potes ! » Et vous, comment ça va ? » J’aurais jamais osé les regarder, leur serrer la main, et je voulais pouvoir le faire sans honte. C’est pour tout ça que je suis parti la faire, cette putain de guerre, et la trouille au ventre, en plus. »

    • « Je suis un vieil anarchiste… de droite, forcément ! Avec le pognon que je gagne, personne ne me croirait si je disais… de gauche ! »

    • « Je n’oublierai jamais que j’ai été prolo. Je reste un solitaire, sans parti ni syndicat, un libertaire à la mode d’autrefois. En somme, je suis un « anar ». Et aussi un bourgeois. »

     

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