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Jean Gabin

Gabin, père (et fils)

25 Mai 2006 , Rédigé par Philippe Publié dans #la famille

Gabin, père
(1868-1933)

Le père, né Ferdinand Joseph Moncorgé, se faisait appeler Georges Gabin, parfois Joseph, parfois Ferdinand mais la plupart du temps Eugène Gabin ou tout simplement Gabin, un nom qu'il avait lu dans un indicateur ferroviaire. - Son père était conducteur de locomotives et son fils allait devenir, après avoir rêvé d'une carrière dans les chemins de fer, le plus célèbre cheminot du cinéma sous le nom de Jean Gabin.

Gabin, fils, dans
La bête humaine
de Jean Renoir (1938)
(1904-1976)

Le père est surtout connu pour ses rôles à l'opérette malgré des dizaines de monologues et chansons qu'il a endisqués dans les années 1900-1910. Il était, entre autres, de la création de Ta bouche de Maurice Yvain et Yves Mirande en 1921 et de Là-Haut ! de Yves Mirande et Gustave Quinson (paroles d’Albert Willemetz, musique de Maurice Yvain), en 1923 mais dès 1893 - et sans doute avant - il est un des réguliers de la Cigale où il jouera, bon an, mal an, jusqu'à au moins 1907 pour ensuite passer à d'autres établissements du même genre, chantant régulièrement jusqu'en 1930 avant de décéder en 1933.

«Quant à mon père, le plus lointain souvenir d'enfance que j'ai conservé de lui est celui d'un homme qui "passait" chaque jour à la maison comme une sorte de mystérieux voyageur, et à des heures où le plus souvent je dormais. Il rentrait en effet tard, par le dernier train du soir, de ses représentations à la Cigale, dormait toute la matinée et repartait en début d'après-midi alors que je faisais ma sieste. Avec les années, ce fut à peu près la même chose, à la différence que lorsqu'il repartait j'étais à l'école ou en train de courir la campagne." (Gabin, fils)

Le fils, né en 1904, débute, après avoir exercé les indispensables divers métiers, en danseur et figurant, en 1922, aux Folies-Bergère. On le verra dans Folie sur folie (aux côtés de Jenny Golder et de Bach), puis, en 1923, dans une revue du vaudeville de Rip mettant en vedete Gaby Montbreuse, la même année aux Bouffes-parisiens dans La Dame en décolleté, en 1925 dans Trois jeunes filles nues, une opérette signée Raoul Moretti, Yves Mirande et Albert Willemetz. - En 1928, il est boy au côté de Mistinguett (qui l'a remarqué...) dans la revue Paris qui tourne, au Moulin Rouge. - En 29 il est aux Bouffes-Parisiens (dans Flossie avec Koval, Jacqueline Francell et Mireille) et cela aurait pu continuer ainsi longtemps sauf que le cinéma parlant vient de débuter et exige de nouvelles vedettes. - Gabin, fils, maintenant connu sous le nom de Jean Gabin se laisse tenter et l'on connaît la suite.

Chanteurs d'opérettes et de Music-Hall ?

Que serait-il devenu si Jean Gabin - qui va au cinéma à peu près de reculons - serait resté, comme il désirait, chanteur (et danseur) ? Lui qui commence sa carrière sur les scènes au moment où les scènes sont sur leur déclin et ferment peu à peu... - Question bien théorique. Chose certaine, il n'aurait pas connu la notoriété qu'il a connu sur le grand écran. Et puis, se souviendrait-on toujours de son père ?

Pour le père, on peut dire oui même si les rôles qu'il a tenus n'ont pas toujours (presque jamais) été de premier plan car : il existe un engouement qui n'a jamais fléchi, en France, pour l'opérette. Assez qu'on retrouve encore, de nos jours, de nombreux disques, revues et sites internet qui lui sont consacrés et dans ses disques, revues et sites, le nom de Gabin (que l'on nomme à présent Gabin, père) est souvent cité. - Celui qui jouait les compères dans les revues peut en effet être encore entendu dans des divers repiquages (notamment chez EPM - coffret 982482 4CD  L’opérette française par ses créateurs comprenant des extraits de 9 opérettes de la période 1921-1934).

Pour le fils, c'est moins sûr. Si on exclue ses grands succès - hors cinéma - la récolte est bien mince. Qui se souviendrait, sans cette carrière cinématographique immense, de C'est moi le mari, de La java de Doudoune, de La môme caoutchouc ? - Un titre, peut-être, à cause de Mistinguett (On m'suit) mais trente, quarante, cinquante ans plus tard ?

Pourtant, la voix est belle, posée et on se plaît à écouter ses refrains de guinguette notamment de Quand on se promène au bord de l'eau, tiré de La belle Équipe de Julien Duvivier (1936).

Fort de ses succès au cinéma, le vieux Gabin (car il est vieux à ce moment-là), se permet vers la fin de sa vie d'enregistrer un Maintenant, je sais (parlé) et, combiné à d'autres titres, Rym Musique décide de remettre cet enregistrement en circulation en 1997 : un CD sous le titre, justement de Maintenant, je sais et voilà qu'on peut encore aujourd'hui se procurer du Gabin (fils) dans un mini tour de chants. - Pour l'intégral et de nombreux renseignements, photos, etc., se fier cependant au coffret de chez Frémeaux.

Pas mal pour le petit-fils d'un conducteur de locomotives qui n'a jamais, au départ, voulu être chanteur.


 

Extraits

À tout seigneur, toutes les honneurs, commençons d'abord par le père dans deux enregistrements, l'un faisant partie de l'Anthologie de la Chanson française enregistrée de chez EPM (nous n'en donnons, en conséquence, qu'un extrait) et un deuxième qui nous a aimablement été fourni par Jean-Philippe Maran (Paris).

Gabin, père - La levrette de la Marquise - Enregistrement Columbia
    circa 1903 - (O. Pradels et L. Gangloff) - Repiquage chez
    EPM - Anthologie de la Chanson française enregistrée,
    coffret 1900-1920, CD numéro 4 (1989692A)

                    Format mp3 - 56 sec. - 441 ko : 

Gabin, père - En revenant de la revue - Enregistrement Columbia
    circa 1904 - (Lucien Delormel, Léon Garnier et Louis-César Desormes)
    Collection Jean-Philippe Maran

                    Format mp3 - 2m58 - 2 200 ko : 

(Pour ce dernier enregistrement, voir à La chanson française du Temps des cerises aux Feuilles mortes, au numéro 5)

Pour Gabin, fils (appelons-le tout simplement Jean Gabin), deux enregistrements également ; le premier avec sa marraine des tous premiers jours, déjà cité dans la page que nous avons consacrée à Mistinguett, et le deuxième pour nous replonger à cette époque des guinguettes et pour un legato peu commun dans la chanson populaire française.

Jean Gabin - On m'suit (Peraly,Chagnon, Mistinguett, Lelièvre)
    fin 1927, début 1928 - Pathé

Format mp3 - 2m20 - 1 096 ko :

Jean Gabin - Viens Fifine (Scotto, Audifredd, Varna, Koger, Van Parys)
    fin 1933 mais probablement 1934 - Pathé

                    Format mp3 - 2m48 - 1 321 ko :

Le même, format VIDÉO (fichier .wmv) - 2 155 ko. : (*)

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